Femme avec le visage ensanglanté d'une morte vivante, elle représente la fin du monde

C’était en train d’arriver. La fin du monde.

Nous en parlions souvent, mon mari et moi. Mes parents me trouvaient drôle. Maintenant cela n’avait plus d’importance, nous n’étions pas prêts pour cela.

Prémisse de notre apocalypse

La première fois que j’ai écouté Tremors, je me suis tout de suite identifiée au personnage de Burt Gummer. Cet homme, dans son abri antinucléaire avec ses armes, prêt à combattre même en l’absence de menace. J’aurais tant aimé avoir un abri.

En 2015, lorsque le monde a fait face à une nouvelle vague de cas d’Ebola, je suis devenue légèrement paranoïaque. Ma meilleure amie s’est moquée de moi lorsque je lui ai avoué que j’avais fait nos sacs à dos avec le matériel de survie nécessaire pour partir rapidement vers le nord si la menace se rapprochait trop de nous. Je n’aurais pas dû baisser ma garde.

Maintenant, j’ai peur. J’ignore si j’ai peur pour ma vie ou pour la sienne, mais j’ai peur de tirer. C’est elle ou moi, j’imagine. Elle … elle a sûrement un nom, une famille, une maison, un travail. Je ne le sais pas, je ne le saurai jamais. Elle, est-ce encore approprié? Est-ce que tout ce qui anime un être vivant peut se terrer quelque part derrière ces yeux vitreux et cette démarche maladroite?

Prémisse de mon apocalypse

Allez, je ne dois pas réfléchir, je dois le faire si je veux vivre. Je respire un bon coup, je vise et BANG, je tire. La détonation est forte, beaucoup plus que ce à quoi je m’attendais. Mes oreilles bourdonnent. Je ferme les yeux un instant. Après un moment, je réalise que j’entends ma respiration, je me concentre, je décèle un autre bruit. Ça se précise, des voix! J’écoute … je reconnais la voix de mon mari qui crie mon nom et les pleurs de ma fille.

J’ai le cœur au bord des lèvres. J’ai tué, j’ai volontairement pris la vie de quelqu’un. Non, de quelque chose. Je dois être forte, m’écrouler maintenant équivaudrait à marcher tout droit vers eux et à me laisser mourir.

Le coup de fusil crée un mouvement de panique. Une foule s’agite autour de moi. J’essaie de rejoindre mon mari. La distance est tellement petite entre moi et ma petite qui me tend les bras.

Quelqu’un me bouscule, je tombe. Je tente de me relever, je me fais emporter par un lot de personnes. Je pousse, je frappe, je crie, je lutte, en vain. Je les ai perdus.

L’humanité est infectée

Des jours, des semaines, des mois ont passés.

L’infection s’est propagée, tous ces gens morts.

Je ne vis plus. Je survis afin de les retrouver.

Je ne fais que marcher. Marcher et questionner. Je n’ai pas de photo, seulement des souvenirs.

Je demande à chaque personne que je croise si elle aurait vu un homme de six pieds avec une petite fille blonde de trois ans. Parfois la réponse me déçoit, parfois elle me fait espérer. Preuve que tout n’est pas encore totalement mort en moi.

C’est l’automne, j’obtiens ma première piste sérieuse. L’automne, ça porte à réfléchir. En fait, ce n’est pas la fin du monde. C’est la fin de l’humanité. Le monde lui, n’est pas affecté, n’est pas infecté.

Retrouvailles

C’est à trois jours de marche. Trois jours durant lesquels j’imagine nos retrouvailles. Je ne marche plus, je flotte.

La maison où ils ont trouvé refuge est au bout de ce chemin de terre. Je ne flotte plus, je cours.

J’y suis. Des larmes roulent sur mes joues. J’entre en appelant leurs noms. Personne ne me répond. Je monte au premier, entre dans une chambre. Mon cœur cesse de battre.

Je vois ses pieds, nus, pendant dans le vide au milieu de la pièce. Je n’ose pas regarder son visage. Mes yeux se posent sur la corde, juste au-dessus de sa tête. Je ne fais que retarder l’inévitable, je le sais. Je le regarde, mon mari, le père de ma fille.

Ma fille, mon bébé. Je reprends mes recherches. Je crie son nom à en perdre le souffle. Je sors en trombe, fais le tour de la maison. Je m’arrête dans le jardin. Le choc est insupportable, je me plie en deux, je vomis. Un petit amont de terre est surmonté d’une croix de bois. Sur la croix est accrochée une petite chaîne en or, la sienne.

Je suis perdue, c’est la fin de mon monde.

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